Alexia Chevrollier : Quand l’art contemporain interroge l’environnement et le temps

Quand l’art contemporain interroge l’environnement et le temps

Alexia Chevrollier est une artiste pour qui le temps est l’outil le plus précieux de son atelier. 

Elle façonne de nouveaux territoires plastiques et esthétiques qui interrogent même nos perceptions de la matière. Dans son approche, elle va interroger physiquement le rapport que nous entretenons dans nos sociétés au temps mécanique et organique, à la manière d’une metteuse en scène. 

Au-delà de la dimension poétique qu’il peut y avoir dans ce terme, elle donne à la matière le temps et l’espace dont elle a besoin pour - littéralement - s’exprimer à travers des pièces qui se métamorphosent progressivement. Dans l’art contemporain, le choix des matériaux est rarement le fruit du hasard et ici elle va utiliser le verre, le bois, du métal, de la terre et du sable, soigneusement choisis pour leur potentiel sculptural et leur expressivité. Derrière ces matières, il y a toujours le lien au temps, le temps mis pour qu’une œuvre se réalise, par elle-même ou accompagnée par le geste de l’artiste, quelques secondes ou quelques semaines. 

Sur notre planète et dans notre conception même de la vie, le temps et la matière sont les deux facteurs que l’on ne peut effacer ou séparer. 

Même si ses inspirations sont plurielles, sa vision artistique et sociologique s’inscrit dans l’héritage puissant de l’une des parties emblématiques de l’art contemporain : l’Arte Povera. Développé en Italie dans les années 60, ce mouvement a été pensé dans un contexte de développement industriel effréné en Occident. Revendiquant un désir de sobriété, il s’inscrit dans une démarche à contre-courant de la “débauche” productiviste de l’époque. Cette volonté d’offrir au monde une vision plus équilibrée, plus lente, plus proche des problématiques liées à l’environnement n’a jamais cessé d’être actualité, avec des périodes plus ou moins favorables pour l’exprimer. 

Depuis quelques années la société est sensiblement plus réceptive à ces concepts, notamment à celui d’ “anthropocénart” proposé par l’historien de l’art Paul Ardenne, ou encore du “Earth Art” développé aux États-Unis lui aussi dans les années 60.

Avec ce choix de matériaux et ce discours qui tente de bousculer notre vision du temps et de la matière, Alexia Chevrollier éveille les consciences et propose une introspection philosophique sur notre façon de voir le monde, mais aussi de se voir soi-même. Les projets que l’artiste développe sont aussi un dialogue entre les définitions d’artisanat et d’art. Par la pluralité des médiums employés, Alexia collabore avec un large spectre d’artisans français, allant parfois au contact de professions presque éteintes, comme celle du maître charbonnier. Cette quête autour du geste et du savoir-faire est une nouvelle façon de contourner un système industrialisé omniprésent et d’apporter un sens nouveau sens à l’art contemporain. 

Alexia Chevrollier a une carrière déjà riche derrière elle, l’artiste a en effet participé à de nombreuses expositions en France, notamment au @Centre Pompidou Metz, en Belgique et en Ukraine.

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