
Alice Magne est artiste plasticienne. Diplômée de la Villa Arson à Nice, basée à Lyon, elle développe depuis plusieurs années une pratique que l'on pourrait appeler la "couleur lente", en opposition directe aux pigments de synthèse et à l'instantanéité numérique qui dominent le marché de l'art contemporain.
Sa technique centrale, la "teinture en bouquet", consiste à rouler et cuire la toile avec des végétaux, dahlias, oxalis, bois de campêche, pour en extraire l'empreinte chromatique par un jeu de pression et de vapeur. La toile devient une peau réceptive qui capture le pouls invisible des saisons et du sol. Sous le regard de la critique d'art Julie Chaizemartin, ce travail s'apparente à un "Hantaï végétal" : une abstraction organique où la plante agit à la place du peintre.
En 2024, Alice Magne est lauréate du Prix Art Éco-conception, organisé par Art of Change 21 en partenariat avec le Palais de Tokyo, la principale reconnaissance française pour les artistes qui intègrent la durabilité dans leur pratique. La même année, elle est lauréate du Prix Art & Nature de la Fondation Ulrich Rampp. Son travail est cité dans Vogue Italia, The Art Newspaper et BeauxArts Magazine, et figure dans de prestigieuses collections privées à travers l'Europe.
L'œuvre d'Alice Magne est une expérience de présence. Elle envisage la toile comme une "peau réceptive" capable de capturer le pouls invisible des sols et des saisons. Son esthétique, souvent comparée à une forme d'abstraction organique, transforme des fragments de nature en paysages immersifs.
Il ne s’agit pas de figurer la plante, mais de laisser sa mémoire agir sur le support. En travaillant avec des teintures naturelles, elle inscrit son art dans une temporalité géologique, rappelant que la couleur est une entité vivante, sensible à la lumière et au passage du temps.