
Dans un paysage artistique contemporain marqué par l’instantanéité numérique et les pigments de synthèse, Alice Magne incarne une résistance poétique et écologique. Basée à Lyon, cette artiste plasticienne diplômée de la Villa Arson a fait le choix audacieux de la « couleur lente ».
Son œuvre ne provient pas de tubes industriels mais d’une interaction physique profonde entre la fibre brute et le règne végétal. Alice transforme son atelier en un laboratoire de recherche où elle orchestre la métamorphose du bois de campêche, des dahlias et des oxalis. Sous ses mains, la toile devient une peau réceptive qui capture le pouls invisible des saisons et du sol.
Le cœur de la démarche d’Alice Magne réside dans l’exploration de la frontière entre l’Art et la Science. Sous le regard de la critique Julie Chaizemartin, le travail d'Alice s'apparente à un "Hantaï végétal". Par un jeu de pression et de vapeur, elle extrait l'essence chromatique des fleurs pour imprégner la toile, transformant l'alchimie naturelle en une discipline esthétique rigoureuse.
En soumettant le textile à un rituel rigoureux, lavages successifs, mordançage et fixation à la vapeur, elle sculpte des textures éphémères à même la fibre. Sa méthode signature, la « teinture en bouquet », consiste à rouler et cuire la toile avec des végétaux pour en extraire l'empreinte chromatique. Ce processus transforme des fragments saisonniers en architectures de couleur immersives.
« Je cherche à laisser le vivant agir avec moi. Mes gestes sont guidés par l’expérimentation, en laissant une place au hasard, aux ratés et aux surprises. C’est une expérience de présence. » Alice Magne
L’exigence technique et l’éthique d’Alice Magne ont séduit les plus grandes institutions culturelles, confirmant son statut d’artiste incontournable de la scène éco-responsable :
Son travail est aujourd'hui salué par la presse internationale (Vogue Italia, The Art Newspaper, BeauxArts Magazine) et figure dans de prestigieuses collections privées.
Loin de la simple figuration, Alice Magne travaille la couleur comme un environnement, faisant de la nature une présence immersive plutôt qu'un sujet. Elle déploie son univers à travers des installations monumentales et des châssis contemplatifs.
De Londres à Turin, sa pratique invite le spectateur à ralentir pour éprouver la couleur comme une entité vibrante et organique.
L'œuvre d'Alice Magne est une expérience de présence. Elle envisage la toile comme une "peau réceptive" capable de capturer le pouls invisible des sols et des saisons. Son esthétique, souvent comparée à une forme d'abstraction organique, transforme des fragments de nature en paysages immersifs.
Il ne s’agit pas de figurer la plante, mais de laisser sa mémoire agir sur le support. En travaillant avec des teintures naturelles, elle inscrit son art dans une temporalité géologique, rappelant que la couleur est une entité vivante, sensible à la lumière et au passage du temps.