
Né en 1996 à Paris, Yanis Khannoussi est diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (DNSAP, 2021), où il s'est formé successivement auprès de Dominique Gauthier, Ann Veronica Janssens et Marc Desgrandchamps. Depuis 2018, il y assure la charge de l'atelier de matériaux composites, un ancrage industriel qui irrigue profondément sa pratique artistique.
Sa démarche se situe à la croisée de la sculpture, de la peinture et du design industriel, dans un territoire qu'il a su faire sien : celui de l'abstraction pure, débarrassée de toute trace subjective.
À contre-courant du renouveau figuratif, Yanis Khannoussi s'impose un choix radical : celui de l'abstraction totale. Ce qu'il nomme la "dématérialisation du geste" consiste à effacer toute empreinte humaine pour laisser place à l'évidence pure de la forme. Travaillant la résine moulée et la laque de carrosserie, il traite chaque pièce avec une rigueur alchimique : chaque volume est sculpté, mastiqué et poncé jusqu'à obtenir un fini dont on peine à imaginer le processus de fabrication.
L'usage du pistolet pneumatique, emprunté au monde de la carrosserie automobile, est au cœur de cette neutralisation du geste : l'outil ne touche plus le support, la main s'efface, et ce qui reste est la couleur seule, dans sa pureté absolue. Ces œuvres, situées à la frontière entre la sculpture industrielle et la peinture sculpturale, évoquent ce que l'artiste nomme une forme de "métaphysique de la matière" : un dépassement de l'état physique de la surface vers quelque chose d'immatériel.
Ses œuvres sont ce qu'il appelle des "blocs de réel" : des volumes qui habitent l'architecture plutôt qu'ils ne la décorent. En détachant la couleur du mur et en lui donnant un corps physique, Yanis Khannoussi crée des objets qui apprivoisent la lumière et semblent libérés de toute pesanteur. Les surfaces réfléchissantes et leurs traitements de vernissage intègrent l'image du monde environnant, distordu, altéré, comme un fragment de réalité capturé et transformé.
Chaque pièce est une invitation à remettre en question la nature même de l'objet d'art : sa présence dans l'espace, sa relation au corps du spectateur mais aussi sa capacité à transformer un lieu.
En 2022, Yanis Khannoussi reçoit le prix New Talent de L'Officiel des Galeries & Musées au Salon Réalités Nouvelles. La même année, il est finaliste du Prix Panthéon-Sorbonne pour l'Art Contemporain. En 2023, son travail est retenu pour le Prix Sisley.
Son parcours expositif s'ancre notamment à la Galerie Dumonteil, avec laquelle il expose à Paris dès 2022 ("Ce que l'Horizon nous cache"), puis à Shanghai en 2024 ("French Touch") et au West Bund Art & Design en 2022 et 2024. En 2025, il présente "Gradient Dystopia", sa première exposition solo en Chine, à la Galerie Dumonteil Contemporary de Shanghai.
Sa collaboration avec la Maison du Whisky illustre la capacité de son travail à déborder du white cube : ses formes organiques et ses aplats chromatiques ont réenchanté l'esthétique du flacon traditionnel, investissant l'objet du quotidien d'une dimension sculpturale inédite.
L'univers de Yanis Khannoussi est celui d'une abstraction sans compromis.
Volumes organiques aux surfaces lisses comme des peaux de métal, blocs de couleur qui semblent flotter contre le mur, formes dont on ne devine pas le bord : ses pièces imposent leur présence par la seule puissance de la matière maîtrisée.
Ce qui distingue son travail, c'est l'invisibilité du processus. Là où d'autres artistes revendiquent le geste, Yanis l'efface. Ce qui reste, c'est la forme dans sa pureté absolue, débarrassée de toute trace.