
Romain Lalire est un artiste pluridisciplinaire dont la trajectoire est l'une des plus singulières de la scène contemporaine française. Tout commence par le corps : sa formation à l'art du mime à l'école internationale de mimodrame Marcel Marceau pose la question centrale de tout son travail. Comment rendre visible ce qui ne l'est pas ? Comment matérialiser l'invisible ?
Romain Lalire traverse les disciplines comme d'autres traversent les frontières : en les repoussant. Du mime, il passe à la magie scénique, créant les effets visuels du Cercle des illusionnistes d'Alexis Michalik, de Baroque fantastique de la compagnie Les Ombres ou encore de La ménagerie de verre mise en scène par Charlotte Rondelez. Puis vient le basculement vers l'art contemporain et le numérique : mapping, réalité augmentée, logiciels génératifs, capteurs sensoriels. Ces outils ne sont pas pour lui des fins en soi ; ce sont des médiums au service d'une question philosophique persistante : qu'est-ce que le réel ?
En 2018, Romain Lalire présente Kumo au Palais de Tokyo, dans le cadre du festival Do Disturb : une installation interactive qui matérialise un nuage lumineux réactif à la présence du visiteur. Une version retravaille sera présentée à Shanghai pour le lancement de la collection "Magicien" de Cartier. Il travaille régulièrement avec les plus grandes maisons de luxe, Montblanc, Hermès, Van Cleef & Arpels, pour des projets qui mélangent performance, installation et technologie.
Les œuvres de l’artiste Romain Lalire, nous emmènent dans un monde où l’invisible est sublimé, mêlant réel et irréel, bousculant la frontière qui les séparent. Ses performances, teintées de magie et de délicatesse, nous poussent à nous questionner sur notre rapport à l’image marqué par l’omniprésence des technologies dans notre quotidien, déconstruisant notre perception du réel. Ces créations d’art contemporain nous offrent de mystérieux apartés, qui nous poussent à prendre du recul sur les différentes façons de percevoir la réalité et surtout, à faire ressurgir cette part d’émerveillement que nous avons en nous et que nous avons parfois un peu tendance à mettre de côté.